Un musée d’acier et de lumière
À Gwangyang, en Corée du Sud, ville profondément marquée par son héritage sidérurgique, s’élève une structure à la fois sculpturale et symbolique : Park1538. Imaginé…
Après deux décennies d’attente, le Grand Musée égyptien (GEM) ouvre enfin ses portes au public. Réalisé par le cabinet irlandais Heneghan Peng Architects, cet édifice monumental se déploie sur un plateau désertique à la lisière du Caire, à seulement un kilomètre des pyramides de Gizeh. Véritable trait d’union entre antiquité et modernité, le musée consacre ses 480 000 m² à l’une des civilisations les plus anciennes du monde, avec une collection de 100 000 objets, dont certains jamais exposés auparavant.

Dès son parvis monumental, le bâtiment s’aligne sur un axe visuel précis qui relie son entrée aux pyramides. Le profil du toit, subtilement incliné, suit la ligne d’horizon des trois monuments emblématiques sans jamais les dominer. Ce jeu d’échelle et de perspective transforme le musée en écrin architectural, où les pyramides apparaissent en toile de fond permanente à travers de vastes baies vitrées.

Inspirés par la géométrie du site, les architectes ont conçu un plan en éventail, dont les murs rayonnent à partir d’un point fixe situé près de l’entrée. Cette structure organise naturellement la circulation des visiteurs vers l’ouest, une orientation symbolique dans la culture égyptienne qui est associée au royaume des morts et au cycle du soleil.

Avec son enveloppe en calcaire local et en béton couleur sable, le bâtiment se fond dans son environnement, capturant et diffusant les nuances changeantes du plateau de Gizeh. Les intérieurs jouent avec la lumière naturelle, filtrée par des ouvertures et des puits de lumière calibrés pour protéger les œuvres tout en animant les galeries d’une lueur dorée. La masse du béton agit comme une protection thermique naturelle, limitant les variations de température et réduisant la dépendance à la climatisation, une approche durable qui est au cœur du projet.

Au centre du musée, un escalier monumental traverse six niveaux et guide les visiteurs à travers l’histoire égyptienne : des premières dynasties jusqu’à l’époque copte. Le parcours culmine dans la spectaculaire galerie Toutânkhamon, où plus de 5 000 objets du jeune pharaon sont présentés ensemble pour la première fois.
Le long des paliers, statues colossales et fragments architecturaux ponctuent la montée, transformant la déambulation en véritable voyage chronologique.

Les architectes paysagistes de West 8 ont imaginé des jardins qui prolongent le musée vers les pyramides. Ces espaces verts, oasis contemporaines à la lisière du désert, offrent un nouveau lieu de respiration pour les habitants du Caire tout en encadrant la vue sur les monuments millénaires.

En sous-sol, un vaste réseau de laboratoires et d’installations de stockage abrite l’un des plus grands centres de conservation au monde. Relié au musée par un tunnel, il intègre des laboratoires spécialisés dans le papyrus, les textiles, la céramique ou encore les restes humains. Ce dispositif témoigne du double rôle du GEM : institution culturelle ouverte à tous, mais aussi centre de recherche voué à la transmission du patrimoine.
Architectes : Heneghan Peng Architects
Crédits photos : Iwan Baan
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