Lorsque l’on est en recherche d’emploi, on ne devrait pas considérer la situation comme étant unilatérale. Par là j’entends que, certes, les employeurs ont de belles cartes entre leurs mains, mais ils ne disposent pas non plus du jeu complet.

Nous nous présentons sous notre meilleur jour, nous mettons en avant notre savoir-faire, notre motivation et l’employeur/recruteur détermine si ces caractéristiques correspondent à ce qu’il recherche. Alors oui, le processus d’emploi est similaire à une action d’achat / vente, les protagonistes ont une position semblable, mais dans la plupart des cas, l’employeur dispose d’un avantage plus conséquent. Beaucoup de candidats se laissent «  dépasser » par ce processus plus souvent qu’ils ne le devraient. Même si le candidat est dans une position de vente, il peut exercer son influence sur ce processus.

L’échange ne doit pas être unilatéral mais bien à double sens. Cela consiste donc à poser des questions sur l’entreprise, car si l’employeur cherche un profil qui correspond à ses attentes, il est important qu’en tant que salarié, nous trouvions une entreprise qui satisfait à nos critères.

Les recruteurs savent parfaitement poser les questions essentielles pour eux : compétences, réalisations, habitudes de travail, expériences, succès, échecs etc. Ils nous demandent souvent d’illustrer les situations rencontrées par le biais d’exemples concrets. Nos réactions seront analysées pour comprendre et possiblement prévoir comment l’on se comportera au sein de l’entreprise.

Il n’est pas aisé de pratiquer de même lorsque l’on est candidat. Voici quelques pistes pour poser les questions qui vous tiennent à coeur :

 

  • Au delà de la performance, quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Les entreprises ont bien sûr besoin de gens excellents dans leur domaine, mais sur quelles valeurs repose cette entreprise, quel est son ADN? En questionnant votre recruteur, ce sera une bonne opportunité pour comprendre à quel type d’entreprise vous avez à faire, savoir ce qu’elle valorise et recherche.

Nombreuses sont les entreprises qui oeuvrent de manière bénévole pour des causes qu’elles défendent. Les agences de publicité et de communication, par exemple, s’investissent sur des grands sujets de société tels que le climat, la malnutrition, l’éducation, l’accès à l’art ou bien la santé en offrant leur temps et leurs compétences pour concevoir des campagnes défendant ces grandes thématiques.

En somme, si vous arrivez à déterminer les positions et aspirations de votre futur employeur, les enjeux qu’il soutient, cela vous aidera à déterminer si vous êtes motivé pour cette entreprise, si vous partagez la même vision.

  • Quelle est votre définition du succès ?

Les attentes et les défis à relever sont souvent différents d’une entreprise à une autre. En mettant l’accent sur cet aspect, vous aurez plus de visibilité sur ce que cherche et valorise l’entreprise, comment le travail est évalué et quelle est leur définition d’un collaborateur performant.

Cette question permet au recruteur d’être très clair sur ses attentes quant au profil qu’il souhaite recruter, cela permet donc au candidat d’avoir une vision plus précise de ses futurs objectifs.

C’est également un moyen subtil de comprendre pourquoi certains profils n’ont pas réussi dans ce poste. En effet, lorsque les recruteurs répondent à cette question, ils pensent automatiquement aux profils qui ont réussi et ceux qui ont échoué, et se baseront donc sur ces exemples pour vous répondre.

  • Qu’auriez-vous aimé savoir avant de rejoindre l’entreprise ?

C’est une autre question qui aura le mérite d’être claire sur l’ambiance, les challenges, les objectifs. Si par exemple, votre poste ne contient que très peu de perspective d’évolution, vous aimeriez peut-être le savoir en amont, si l’entreprise ne travaille qu’avec un certain type de clients, également… Les possibilités sont nombreuses, et ne sont pas toujours négatives. Néanmoins, si le recruteur mentionne quelque chose, c’est que cela a suffisamment d’importance pour être souligné, il sera donc nécessaire d’en tenir compte.

  • Comment décririez-vous le style de management ?

Cette question vous permettra de connaitre, sans indiquer une quelconque préférence, la démarche de leadership du responsable ainsi que ses traits de personnalité.

Ainsi vous serez davantage en mesure de déterminer si cette approche vous satisfait. Est-ce que vous souhaitez avoir un responsable qui regarde et cadre ce que vous faites, est-ce que vous préférez au contraire avoir un manager qui vous laisse une grande autonomie ? Privilégiez-vous un rythme de travail intense, une attitude flexible, un patron accessible etc ?

En posant cette question, vous saurez si la personne qui sera votre supérieur hiérarchique pourra  devenir votre mentor pour vous faire évoluer. Si vous partagez les mêmes valeurs, si vous avez des comportements similaires ou complémentaires, cet environnement de travail vous plaira certainement. Au contraire, si vous sentez que le travail vous plaira mais que l’attitude du manager ne correspond pas à vos attentes, alors peut-être éviterez-vous d’être une énième personne qui « quittera son patron et non son job ».

 

Il y a beaucoup d’autres questions que vous pouvez imaginer et qui ont pour but de déterminer si oui ou non cette entreprise, l’ambiance, l’équipe… peuvent coller avec vos aspirations et votre façon d’appréhender le travail. C’est pourquoi lorsque le recruteur vous demande si vous avez des questions, il ne faut jamais répondre par la négative, vous avez forcément des interrogations auxquelles votre interlocuteur n’a pas répondu.

Les entretiens ne sont pas des « one-way exercises », ils ont pour objectifs de garantir que chacune des parties puisse conclure un accord qui les intéresse tout autant l’un que l’autre.